Blocage : vu de l'autre coté des barricades
Pas objectif ! Voilà en gros comment mon précédent article a pu être acccueilli suite à un résumé, il est vrai succinct, des incidents de la journée de Lundi. En tant qu'étudiant, il est difficile de rester totalement neutre face à un mouvement qui nous concerne et nous interpelle. Toutefois il faut l'avouer, le mouvement de blocage n'a pas été perçu de la même manière selon que l'on se trouvait à l'extérieur du bâtiment, en tant que spectateur d'une scène improbable, ou bien à l'intérieur, en tant qu'acteur d'une tragi-comédie sociale. En tant que pro-blocus ou anti-blocus, tout simplement.
Voilà un complément d'information, vu manifestement "de l'intérieur", qui permettra de compléter l'analyse du blocage du lundi 3. Complément auquel je réponds point par point.
Commentaire de Salsi "Alors déjà plutôt qu'un blocage « surprise », celui-ci a été décidé et voté en AG du vendredi (ou du jeudi dernier, je n’ai plus les dates en tête). Certes AG loin d'être vraiment massive, mais on ne peut cependant pas dire que ce blocage était une surprise, vu qu'il avait très clairement été décidé publiquement (encore fallait il y être, c’est comme toujours).
Tu n'es pas sans oublier que les grévistes avaient jugés bon de boycotter le référendum affirmant que seules les AG étaient décisionnelles, ils avaient communiqué en ce sens avant même qu'il ait lieux. C'est donc sur leur volonté et celle de l'AG que le blocage la semaine derrière fut levé et aussi sur la volonté de l'AG quil a été reconduit lundi, le referendum n’est et n’a jamais été une préoccupation pour eux.
Il est important de le rappeler."
Simple question que je me suis souvent posé : comment un mouvement se réclamant démocratique peut-il justifier qu'une AG, moins représentative qu'un référendum couvert par 2000 étudiants, soit décisionnelle ? J'aimerai comprendre sincèrement. Ensuite, tu dis que le blocus était "annoncé". Toutefois, nous avons déjà eu le cas d'un AG ( celle du 21) qui a voté pour la reconduction du blocage, et celui ci n'a pas tenu bien longtemps. Quand tu écris "le referendum n'a jamais été une préoccupation pour eux", je le comprends et je le constate bien, mais je trouve cette phrase terriblement radicale.
Commentaire de Salsi"Pour ce qui est de ce matin, oui ça a chauffé entre les grévistes et le personnel administratif ayant pris la décision de débloquer.
Une chose qui a été oublié dans ton article, c’est la violence de l’administration et notamment celle de R.Logier. Des coups physique de chaise on été donné par M.Logier, si bien qu’une jeune fille a été envoyé à l’hôpital suite a un coup de chaise reçu dans le ventre. Ca aussi tu as malheureusement oublié de le signaler. C’est d’autant plus dommage que tu n’as pas d’image, par contre les bloqueurs devant la violence verbale et physique de M.Logier (pétage de plomb ?) ont prit bien soin de filmer."
Certes, je n'ai pas d'images en j'en étais le premier contrarié. Je ne peux que relater ce que j'ai vu de mes propres yeux et engager ma bonne foi sur mes dires. En ce qui concerne la violence de l'admnistration, elle fut réelle, car elle a vite dépassé le président lui-même qui s'est emporté dans un excès de colère, et qui a failli en venir aux mains comme je l'ai écrit. En ce qui concerne la fameuse "chaise" j'ai eu des éléments tellement contradictoires à ce sujet qu'il m'a été impossible d'en vérifier la véracité : je veux dire par là que la situation était tellement confuse que les témoignages les plus contradictoires ont courus. J'attends la fameuse vidéo ...
Commentaire de Salsi"Les insultes de « facho » sortaient aussi bien des bloqueurs que de l’administration. Les provocations étaient à l’extrême lorsque M.Logier interpellait les étudiants avec des phrases comme « toi je suis certain que tu devrais voter front national » ou bien lorsqu’il mettait des petits coup d’épaule en passant à côté des gens, un peu comme on peu faire au collège pour provoquer. "
Facho, ca je l'ai entendu de la part des bloqueurs comme de l'administration et les professeurs, c'est vrai. J'ai fustigé l'attitude provocatrice du Président, que ce soit verbale ou physique.
Commentaire de Salsi "J’ai entendu M.Logier, continuer les provocations en affirmant « j’attends qu’ils me frappent, j’attend qu’ils me frappent ». Malgré la pression énorme autour de M.Logier et la résistance physique lorsque celui-ci a tenté de débloquer, il n’a pas eu satisfaction vu qu’aucun bloqueur ne l’a « frappé », juste un flot d’insulte incessant entre les deux partis. Voir des bloqueurs violent et grossier, ça ne surprend pas (ça reste des étudiants), mais lorsque cette violence vient du président, la donne n’est plus la même. Voilà ce qu’il est important de signaler."
Il n'a plus maitrisé son action, nous sommes d'accord et comme je l'ai encore écrit, dès lors que son audace s'est retournée contre lui. Mais il ne faut pas éxagérer : à 4 contre la quarantaine d'étudiants qui le conspuaient, le rapport de force restait en sa défaveur !
Commentaire de Salsi "Une autre jeune fille a été empoignée un peu au hasard par les cheveux par un autre personnel de l’administration. (A noter que ce personnel après son geste est venu s’excuser après vainement avoir essayé de dire qu’il n’avait pas fait exprès.)
Un autre personnel de la faculté visiblement exaspéré par la position et le comportement de la présidence est venu lui-même calmer certain bloqueurs en disant « Il est là pour que vous le frappiez justifiant une intervention policière, ne cédez pas à sa provocation les jeunes, les policiers attentent juste son ordre, ils sont prêts.»
Il est important de signaler que la personne qui s’est rendue à l’hôpital a déjà décidé si elle est sévèrement touchée de porter plainte contre monsieur Logier. Un communiqué a été écrit, pour dénoncer un comportement indigne d’un président d’université par l’AG de ce matin (a laquelle participait des enseignants)."
Dommages collatéraux d'un rapport de force que le comité de grève cherche à créer depuis le début du mouvement.
Commentaire de Salsi"Pour ce qui est du rôle de Logier, je pense qu’il a voulu mettre en avant son image. L’image symbolique du président débloquant sa fac à main nue. Comme tu l’as dit, c’est du carriérisme.
Mais il ne faut pas oublier de signaler qu’il s’est dangereusement mis en avant et qu’il a opté pour des techniques de voyou (provocation, insulte) , ce qui est moins digne.
L’ambiance était malsaine et je pense sincèrement que le président de la faculté a littéralement pété les plombs malheureusement et que son personnel l’a soutenu."
En ce qui concerne le "personnel" il s'agissait surtout d'une garde rapprochée. Les professeurs et le personnel des UFR étant restés bien plus calmes, moins emprisonné dans la passion de l'évènement, comme ce fut le cas du Président et des étudiants .
Commentaire de Salsi"Dernier point, l’administration ne s’était pas réunie dans le théâtre du Saulcy pour « débattre sur la LRU », encore une fois, dire ça est c’est faire de la désinformation.
Se tenait dans le théâtre un CA, (avec administrations, syndicat, professeurs,…) en vue de voter la nouvelle ligne de conduite de l’université pour les 10ans à venir, concrètement c’était la première réunion marquant la mise en place de la LRU.
Ce qui explique donc que les bloqueurs s’y sont rendus pour la faire annuler"
Lorsqu'une étudiante, active en AG mais dont le nom m'échappe malheureusement, est venue devant l'UFR SHA pour dire " il prévoient d'ouvrir des débats sur la LRU, et a terme de l'adopter, notre but est d'empêcher cette réunion", pour moi les propos étaient suffisamment clairs pour être retransmis tels quels. Tu le précise toi même "c’était la première réunion marquant la mise en place de la LRU". Appelons un chat un chat.
En ce qui concerne les fameux 150 000 euro, ce chiffre a été estimée par Eric, un des membres de l'administration responsable des locaux.
Enfin, je vous invite à consulter le lien de Indymedia où les évènements sont racontés d'une manière qui, pour le coup, sent à plein nez la bêtise la plus noire.
J'espère que cette mise au point a été salutaire. Enfin, je t'invite, cher(e) Salsi, à te présenter afin que l'on puisse prendre contact et débattre de ceci.


4 commentaires:
J'admire ta démarche.
Je ne suis pas là pour défendre un camp plus qu'un autre, que ma démarche soit claire, juste pour rétablir certaines vérités que je trouvais importantes.
Pour ce qui est du référendum.
Disons que l'assemblée générale a dit a plusieurs reprises qu'elle était la seule assemblée à pouvoir prendre des décisions. Le référendum organisé par la présidence, n'avait donc pour eux aucun pouvoir décisionnel. C’est discutable ou non, ce n’est pas la question, c’est le choix, qu’ils assument.
Sinon, ils trouvaient aussi que le référendum manquait de débat contradictoire (organisé puis finalement annulé au dernier moment), que la question était mal formulée et pas objective, qu’elle était sortie de tout contexte politique, que tout le personnel enseignant et non enseignant de la fac plus les étudiants devait pouvoir s'exprimer (comme en AG) et sur une autre question que celle d’un moyen d’action.
Aussi que vu la tournure de la question "pour l'arrêt du blocage" seule les bâtiments concernés aurait du pouvoir répondre, pour une réponse la plus juste.
Bref les conditions faisaient que ce référendum a été rejeté par les grévistes, donc partant de là , radical ou pas, ils se moquent bien du résultat de celui-ci, ça reste dans leur logique, rien d’affolant.
Puis entre nous si l'argument du chiffre est soulevé pour décréter une légitimité alors ni l'AG ni le référendum ne seraient légitime, car il y a eu 84% d'abstention (A noter que dans la loi un référendum est annulé si il n'atteint pas 50% de votants)
Pour en revenir aux évènements.
Oui il est vrai, le président rapidement a été encerclé par une foule importante, les insultes de chaque côté, le nombre donnait le rapport de force en défaveur du président.
Cependant la provocation venait du président.
On peut juste constater que malgré le rapport de force en faveur de la foule, le président n'a pas été lynché, ce qui reste une bonne nouvelle :D
(Pourtant il n’a cessé de provoquer très fortement la foule). Volonté sadomasochiste ? Peur de rien ? L’envie de mourir ?
Je crois et même je suis certain que les professeurs et le personnel de l'UFR , n'ont pas voulu entrer dans ce jeu de "confrontation direct, provocation, lancé de chaise" , c'est tout à leur honneur.
Au dernière nouvelle, la fille qui s’est rendue l’hôpital, aurait un rapport médical du médecin ayant constaté des traces de coups et elle s’apprêterait à porter plainte contre le président, affaire à suivre.
Sinon une autre news
Une autre gronde des professeurs du Snesup est à signaler .Le président de la fac, M.Logier a mis son (droit ?)veto sur la lettre de la cellule du Snesup de Metz qui par conséquent n’a pas été publié par le républicain lorrain, on appel ça, magouille et compagnie non ?
Ps: Un CA se réunissant pour voter la ligne directive de l'université pour les 10années à venir ( la mise en place concrète de la LRU) , tu es d'accords avec moi pour dire que ça serait de la mauvaise foi que de dire que c'est la même chose qu'un débat sur la LRU (qui est déjà adopté).
j'imagine qu'en tant que journaliste, tu dois avoir des informations plus juste , comme la tenue d'un CA , pour ne pas avoir à te baser sur la phrase lancée devant le SHA par une étudiante active en AG (qui pour le coup a soit parlé un peu vite ou soit était mal informée)
C'est moi qui ai reçu cette chaise, ce ne sont pas de simples rumeurs, ce sont des faits.
Pour information, nous n'étions à ce moment là que deux jeunes filles en face de lui, les autres ont vu ce qui se passait depuis le couloir mais étaient dans l'impossibillité de faire quoi que ce soit. Que ce soit pour m'aider ou pour agresser mr Lioger.
Vous dites que "le rapport de force était en sa défaveur" et qu'il était "à 4 contre une quarantaine d'étudiants", permettez moi de me demander en quoi deux jeunes filles (pas une quarantaine d'étudiants mais seulement deux étudiantes), étant qui plus est à environ 4 ou 5 mètres de lui, pouvaient menacer un homme d'une cinquantaine d'années (certes seul) d'une largeur d'épaule tout à fait raisonnable. Il m'a vue alors qu'il avait cette chaise dans ls mains et me l'a ensuite lancée sciemment !!!
Ce ne sont pas des rumeurs je le répète, les faits sont là.
Bien sur, il n'y a pa de vidéos de ce moment précis puisque les autres arrivaient derrière mais n'étaient pas encore présents. Les vidéos suivantes montrent ce qui c'est passé juste après.
De plus, apparemment personne (ou presque) de l'extérieur n'a vu ce qui c'est passé tout simplement parce que ce n'était pas encore la cohue bruyante qui attira leur attention quelques instants plus tard.
Enfin, il est vrai que le président a été acculé contre la porte vitrée à l'aide d'une table, pour précisions, cette table, il avait essayé de la lancer en direction des personnes qui venaient m'aider. L'un d'eux, heureusement plus musclé que moi, a réussi à la rattraper alors qu'elle lui arrivait droit au visage et l'a ensuite poussée devant lui, bloquant ainsi Lioger contre la porte vitrée afin que, privé de sa liberté de mouvement, il ne puisse plus faire de mal à personne. Et c'est à ce moment là que les insultes et autres noms d'oiseaux ont fusés de toute part et qu'attirés par le bruit les personnes groupées à l'extérieur du batiment ont prétées attention à ce qui se déroulait dedans.
Ce qu'ils ont vu n'était donc qu'une version très partielle du déroulement des évènements aperçus à un moment où il est vrai que Lioger et ses "amis" du personnel étaient en position d'inferiorité et a pu paraitre menacé à leurs yeux. Malheureusement trop tard pour m'épargner un trajet en ambulance et une fin de journée à l'hopital.
Rappelons que ni lui ni aucun de ses collaborateurs n'a été blessé alors que vu notre nombre bien supérieur au leur nous aurions très bien pu les jetter dehors "à coup de pied au cul" comme on dit (ou de poing le cas échéant), si on avait vraiment voulu tenir ce blocage à tout pris, ce qui n'a pas été le cas comme vous avez tous pu le constater.
Pour finir j'ai décidé de porter plainte, chose que j'ai faite ce jeudi 6 décembre.
Petite question : au vu de ces éléments nouveaux qui, j'ose espérer, éclaireront quelque peu votre lanterne, qui ont donc été, selon vous, les personnes violentes lors du déroulement de ces évènements ?
Désolé pour la longueur mais vous comprendrez, je l'espère, que ces éclaircissements et autres mises au point me semblent pour le moins importantes.
pauvre petite choupinette d'amour
en attendant, y'a toujours pas la vidéo miracle...
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