La gauche peut remercier Carignon ! L'investiture UMP de l'ex ministre de Balladur, condamné en 1996 à 5 ans de prison, aux législative de la 1ère circonscription de l'Isère a permis le schisme idéologique à Grenoble. Et de favoriser l'élection de la représentante locale du PS. Il faut dire que ce dernier est au centre des controverses. Petit retour sur le grand retour de Carignon.
Défaite annoncée - Alain Carignon a relevé le défi. Il sera présent au second tour des législatives en Isere (avec 21,5 % des voix ) face à Geneviève Fioraso ( 32% des suffrages). Après une rude bataille, son challenger Alain Cazenave, exclu de l'UMP pour avoir présenté sa candidature, a réuni 19,6 % des voix. Ballotage favorable pour la candidate PS puisque les électeurs de Cazenave ne se reporteront pas en masse sur le frère ennemi. Ce dernier aura bataillé jusqu'au bout pour débouter le félon, mais le stratagème de Carignon a fait mouche.
Devoir de mémoire - Ce nom vous dit quelquechose mais vous ne cernez pas vraiment le personnage ? Souvenez vous. Carignon était ministre de la communication en 1993. Déchu de sa fonction pour être mis en examen, il fut condamné le 9 juillet 1996 à 5 ans de prison, dont 4 années fermes, et 5ans d'inéligibilité pour corruption, abus de biens sociaux (pour avoir détourné à son usage personnel 19 073 150 francs), et subornation de témoins. Libéré en 1998, c'est en 2002 que Carignon organise son retour. Ayant recouvré ses droits civiques, il réintègre l'UMP malgré l'opposition de principe d'Alain Juppé.
Affirmant haut et fort qu'il n'avait "aucune ambition électorale", il parvient en 2003 à devenir chef de la fédération UMP de l'Isère.
Son coup de maître, c'est en novembre 2006 qu'il le réalise. Organisant un vote des militants il parvient à décrocher le titre au nez et à la barbe d'Alain Cazenave, député sortant. Pour ce dernier, c'est une "pseudo-consultation". Cazenave n'a pas baissé les bras et a maintenu sa candidature. C'est tout naturellement qu'il a été exclus du parti le 15 mai.
Dans cette guerre des roses, c'est Fioraso qui tire son épingle du jeu quand d'autres sont occupés à aiguiser les épines.
Voyez ici les réactions de Michel Carignon suite aux résultats :
Remarquons que Monsieur Carignon parle de "
campagne de calomnie et de rumeurs" à son encontre. Sa propension à se victimiser ainsi peut faire sourire lorsque l'on connaît les méthodes ( "
tracts anonymes, attaques personnelles et insinuations calomnieuses", selon Bernard Pouyet ) qu'a utilisé le personnage lors de cette même campagne.