samedi 24 novembre 2007

Alpha sécurité, tension maximale.

Choqués. Etudiants et professeurs partagent un même point de vue sur la présence de vigils au sein de l'université. M Piero-D. Galloro enseignant en sociologie à la faculté de sciences humaines, et le SNESUP (Syndicat national de l'enseignement supérieur) ont tiré le signal d'alarme par le biais de commentaire sur le site Dailymotion, suite au podcast de Mr Lioger. Je retranscris ici l'extenso de ces deux messages. Rappelons que le coût du contrat pour ces vigils est de 4000 euro par jour (présents depuis une dizaine de jours), alors que les réparations seules de l'amphithéâtre Lemoigne furent de 50 000 euro après la crise du CPE. Rien n'est tout blanc ou tout noir, encore une fois.



Message de la SNESUP :

Des interventions abusives

Depuis plusieurs jours la Présidence de l'université a fait appel à une société de sécurité privée pour filtrer les entrées dans les locaux d'enseignement et permettre le déroulement des cours.

Cependant, la présence de ces vigiles fait monter la pression et génère des incidents.

Ce matin, une limite a été franchie : des vigiles ont pénétrés dans une salle de cours en arts-plastiques pour expulser deux étudiants, de façon ciblée et leur interdire l'accès aux cours.

Si d'autres irruptions dans le cadre des cours venaient à avoir lieu, le SNESUP invitera les enseignants à faire valoir leur droit de retrait. Il invite l'ensemble du personnel à la vigilance pour que la liberté d'enseignement soit respectée.

le SNESUP


Message de Piero-D. Galloro :

Metz, le jeudi 22 novembre 2007.

Monsieur le Directeur du Département de Sociologie,
Monsieur le Directeur de l'UFR SHA,
Monsieur le Président de l'Université Paul Verlaine-Metz,

Par la présente, je tiens a vous exprimez mon refus de faire cours tant que l'établissement dans lequel je suis censé dispenser un savoir (dont le but est de permettre à ceux qui en bénéficient de s'affranchir) sera placé sous la surveillance et le filtrage des milices privés, sociétés de gardiennage et autres vigiles.

Leur présence en ces lieux montre qu'en les sollicitant d'acuns acceptent l'idée que pour obtenir plus de sécurité il faut sacrifier un peu d liberté. Je suis de ceux qui sont persuadés que ce faisant nous n'aurons ni l'une ni l'autre*

Dans cette attente, cordiales salutations.

Piero-D. Galloro (MCF-Sociologie, UFR SHA)

*Merci Benjamin Franklin.



Rappelons que l'administration a annoncé la fin du contrat d'Alpha Sécurité pour ce vendredi soir. A constater par nous-mêmes dès lundi 26.

mardi 20 novembre 2007

Pas de titre pour cause de grève

Massive. Metz n'avait pas vu une manifestation d'une telle ampleur depuis bien longtemps. 1995 peut-être. Cheminots, électriciens, gaziers, professeurs, chercheurs, étudiants, tous défilaient ensemble. Tous solidaires ? Bien sûr, à en écouter certains. Pourtant le mouvement hétéroclite regorgeait de personnalités avec des points de vue divergents sur des sujets qui fâchent. Telle la présence de R. Lioger, des étudiants grévistes et du sujet qui les divise : la L.R.U. Tous ensemble ! Tous ensemble ? mouais, mouais ...


6000 personnes dans les rues de Metz, dont 500 étudiants, selon l'Unef.

Un président en grève - Mr Richard Lioger, Président de l'université de Metz, qui défilait sous les drapeaux de la CFDT en tête de cortège, n'a que peu côtoyer les étudiants, tout syndicats confondus, qui fermaient la marche avec SUD. Pour cause, un étudiant gréviste qui commente " Lioger, ici ??? Si il passe par ici il va se faire caillasser !". Prise de température effectuée.
Alors, qu'est ce qui justifie la présence du Président de l'université dans la manifestation de ce mardi ? Comme il l'explique sur son blog, les deux motifs de revendication principaux sont la baisse du pouvoir d'achat des fonctionnaires (-6 % en 7 ans) et les suppressions de postes massives, cycliques, diront certains.
Président d'université, candidat à la candidature PS pour la mairie de Metz, chercheur à ses (rares) heures perdues, Lioger mutiplie les activités, et par là les contraintes. Peut on exercer pleinement ses responsabilités de Président d'université lorsque l'on a des engagements comme les siens ? L'homme assure qu'il assure. Ca rassure.


Itv Lioger
envoyé par jultozi
Lioger, un homme "en mouvement", impossible à cadrer !


3000 à 4000 euro - C'est quoi ces chiffres ? Les nouveaux crédits pour la rénovation des locaux ? Un fonds débloqué pour les équipements universitaires ? ... rien de tout ça. Confirmé par le président, c'est le coût journalier du contrat passé avec l'agence de gardiennage Alpha Sécurité. Toutefois, c'est là le coût nécessaire à la sécurité physique du personnel et des étudiants. Cela assure que la levée du blocage soit effective. Soit.


Coup en douce - En parlant de levée du blocage, les étudiants pro blocus se sont fait prendre pour des bleus. Lioger assure avoir "demandé à l'administration à 7 h d'ouvrir les portes". Comprenez par là qu'il a demandé aux vigils de lever le blocus le plus discrètement possible. Les bloqueurs s'attendaient à la venue des CRS, en vain. C'était joué d'avance : le Président ne veut/peut pas dépêcher les forces de polices. Il a une image à préserver.

Malaise - Après les bloqueurs, voilà que ce sont les vigils d'Alpha Sécurité qui occupent l'entrée des facs. Leur présence sert évidemment à empêcher tout mouvement de blocage et ainsi faire respecter le résultat du vote. Mais avouons le, leur présence dérange. "Chiens de garde", "Gros bras", "Molosses", les sobriquets les plus moqueurs courent déjà à leurs sujets. Et je ne cite pas les pires. Les étudiants grévistes disaient vouloir instaurer un rapport de force. Ils sont servis. Mais la mauvaise foi dont font preuve certains est des plus exécrables. Certes l'on peut interpréter les chiffres du résultat du vote de lundi de mille façons, mais il faut garder un minimum d'objectivité, pour peu que ce mot veuille encore dire quelque chose. Ainsi, "Gui-toto" illustre bien le concept de course à la légitimité dont je parlais dans l'article sur le vote, quand il commente sur paris-indymedia "
A 1200 en AG, on n'est pas "légitime", mais à 2000 votants eux le seraient ? Scandaleux !". 1200 en AG ? Voilà un chiffre fortement gonflé. Soyez sérieux et arrétez les faux arguments.
Sur cet autre article, du même auteur, même son de trompette qu'auprès des membres du comité de grève : le blocus est levé, mais ce n'est que momentané. Le boulot de vigil a donc encore de beaux jours devant lui. Voilà une voie pleine d'avenir pour des jeunes sans travail !

Du neuf à l'UNEF - Mise au point effectuée. Après avoir été à fond pour le blocage puis plutôt pour, puis le "faut voir", nous voilà dans la phase "Cherchons d'autre moyens d'actions". Par contre, l'appel à venir aux AG est toujours actif. Marc Stelling, président de l'UNEF-Metz, regrette que le blocage ait divisé les étudiants au lieu de les rassembler. Sur la LRU, la ligne est claire : Contre la réforme en cours, mais pour une autre réforme. Une réforme qui injecterait des fonds publics pour créer des bureaux de stage, et ainsi adapter l'université au monde du travail. Recadrage national des diplômes et revalorisation des bourses, bien sûr. Marc dénonce la qualité et l'intitulé des diplômes : le risque de cibler trop les diplômes sur les besoins des entreprises serait plus une voie de garage à long terme qu'une autoroute sur le parcours professionnel.

En ce qui concerne l'intervention "en douceur" des vigils vers 7 h du matin, Marc l'interprète comme une réaction de Lioger après avoir été "touché dans son ego", lors de l'AG de Jeudi 15. Rappelons que le président s'est fait hué après un court discours de 3 minutes. Marc, synthétique, conclut qu'"être un étudiant mobilisé ne donne pas le droit d'insulter un président d'université" et qu'"être président d'université ne donne pas de droit [ à parler plus de 3 minutes, comme tout le monde, (ndlr)].

À bon entendeur(s).

Marc Stelling, Président de l'Unef. Podcasté dans un petit local qui sentait le sirop de fraise.

Gérard Caussaint, Secrétaire départemental de la CNPTES (Enseignement Sup.), qui trouve "qu'avec ce qu'on nous enfile, on a raison d'être inquiet !"


lundi 19 novembre 2007

La fin du blocus au Saulcy ?

Les urnes ont parlé. Peu, certes, mais le résultat du vote est là. Avec seulement 16 % des inscrits, les étudiants se sont prononcés à 65,3 % pour l'arrêt du blocage de la faculté. Le résultat, publié sur l'Intranet de l'université, vers 17h, était attendu par tous, mais facilement prévisible. Alors, qu'est ce qu'on fait maintenant ? Voilà une question qui réunit l'administration et le Comité de grève, même si les solutions apportées sont divergentes.

Résultats du referendum étudiant

Ce lundi 19 novembre, les étudiants se sont prononcés sur la question :

"Pour l'arrêt du blocage ?"

2058 votants, soit 16% des inscrits, ont voté :
  • à 65.29%, OUI, pour l'arrêt du blocage
  • à 34,71%, NON, pour l'arrêt du blocage


Bloquera, bloquera pas ... - Pour le Comité de grève, qui conteste la légitimité du vote et donc son résultat, le vote d'aujourd'hui ne change pas la donne, et le blocage doit continuer. Mais le résultat du sondage risque de saper la légitimité des actions du Comité de grève. Ce dernier assure que les actions de blocages vont continuer.
Du coté de l'administration, on se retrouve avec un résultat de vote refusant le blocage (même si seulement environ 2000 étudiants ont participé) et il leur faudra agir pour ne pas perdre la face.
Nous voilà à l'aune d'un conflit, inévitable. Mr Lioger va-t-il faire appel aux CRS si le besoin s'en fait sentir ? Le peut il seulement ? Quel autre moyen d'action sinon que de recourir aux forces publiques pour l'administration. Espérons que de nous n'en arriverons pas à ces extrémités, jamais bénéfique pour la vie étudiante et toujours délétère dans l'image qui est alors véhiculée.

Le Comité de grève se réunit ce soir, à 20h, dans leur "QG", l'amphithéâtre Demange, afin d'établir leur plan d'action dans les jours à venir. Une manifestation est prévue demain vers 14h depuis la gare, en parallèle des mouvements de grèves des cheminots.

A quand une éventuelle reprise des cours ? Là, on ne peut que conjecturer. Attendons de voir comment se dérouleront les deus jours qui suivent.

Referendum sur le blocage, la riposte de l'administration

Légitime ou non ? Voilà l'une des grandes questions qui divise actuellement les étudiants messins. La course à la légitimité semblait être le principal souci des étudiants pro-blocus, mais aujourd'hui, l'administration se positionne au starting-block. Celle ci a organisé ce Lundi 19 novembre, de 10h à 16h, un référendum sur la poursuite du blocage de deux des trois facultés de Metz-Paul Verlaine. Aucune perturbation notable du processus de vote n'est à signaler, mais là encore le Mouvement de grève s'est organisé en faisant du tractage devant le lieu de vote, sous l'oeil attentif des agents d'Alpha Securité, qui étaient là encore de la partie. La palabre est allée bon train. Et sur quoi débattait on ? Sur l'absence de débat, pardi !


Isoloir_NEW
envoyé par jultozi

Dans le secret de l'isoloir ...

Alambiquée - Comment qualifier autrement la question soumise au referendum proposée aux étudiants ? En effet, son intitulé "Vous devez vous prononcer sur : L'arrêt du blocage, OUI ou NON" en a fait buter plus d'un. Vous êtes contre le blocage ? Votez oui ! Vous êtes pour le blocage ? Votez non ! Bref, il ne manquait plus que ça pour attiser la colère des syndiquats. Elise, porte parole du Comité de grève, syndiquée UNEF, dénonce un "vote orienté, amorcé la veille [du week end] pour le lendemain." Vient alors l'argument principal pour contester la légitimité du vote : " L'absence de débat rend ce vote illégitime". Mais au delà de cela, c'est l'intégrité du président de l'université, Mr Lioger, qui est remise en question : "Mr Lioger a-t-il organisé un vote de la sorte lors du blocus contre le CPE ? Non ! car il était du coté des étudiants". Selon le Comité de grève, une chose est claire : le vote est orienté en faveur du non blocage et donc non légitime. Mais comment qualifier une assemblé générale où le nombre de votants est restreint à la capacité d'accueil de la salle et où tout le monde peut entrer et voter sans répondre de sa qualité d'étudiants ? On fustige l'absence de débat, mais il me semble qu'aucun débat n'est possible lorsque l'on ne laisse pas la parole aux contradicteurs, comme ce fut le cas lors de l'assemblé générale du Mardi 13. Administration ou Comité de grève, qui est le plus légitime ?

Et la LRU dans tout ça ? - Le Comité de grève, et les étudiants en général, déplorent que l'on parle pas du sujet de fonds : la fameuse LRU. Il est vrai que le coeur de cette agitation, c'est bel et bien la Loi de réforme des universités. Voudrait-on occulter le sujet du coté de l'administration ? Des étudiants comme Jean Chevelot, en Arts Plastiques, regrette que ce referendum sur le blocage ne soit pas couplé avec un referendum pour ou contre la LRU. Jean est membre de Collectif'A, un "collectif d'actions" qui s'est donné pour mission, ce jour ci, d'organiser un vote parrallèle ayant pour intitulé "Pour ou Contre la loi Pécresse". Leur but est de démontrer que même si les étudiants venaient à voter pour la fin du blocus, ils n'en demeurent pas moins contre la LRU. Voilà une action positive et intelligente qui aurait méritée d'être intégrée au processus de vote. Car, comme le précise Jean, dehors il fait froid, et les votants ne sont pas obligés de se prononcer sur le "sondage" organisé par le collectif d'action. Comme on dit, c'est l'intention qui compte.


Itv jean
envoyé par jultozi

ITV de Jean, qui trouve que dehors, il pleut et il fait froid.

Urne contre urinoir - Ce n'est pas parce que l'on parle de sujets sérieux que l'on ne peut pas être créatif ! Philippe, étudiant non syndiqué, nous présente une des "oeuvres" qui étaient présentes devant l'amphithéâtre Lemoigne, où se déroulait le vote. Oeuvre symbolique puisqu'elle est censée représenter la pertinence du referendum, au niveau d'un cabinet de toilette, donc. Le boycott du referendum des étudiants pro-blocus se sera fait pacifiquement en tout cas, et c'est là l'essentiel.


Interview de Clément, étudiant non syndiqué.

vendredi 16 novembre 2007

Hocus Blocus, un Saulcy métamorphosé !

Le mouvement étudiant contre la loi de réforme des universités (ou LRU) s'amplifie et s'organise sur le campus du Saulcy, à Metz. Au fil des assemblées générales, le blocus est maintenu et des mouvements de protestations sont planifiés. Suite à l'AG du 15 novembre, Mr Richard Lioger, Président de l'université, a pu confirmer sa position favorable envers la LRU. Huée générale. Une manifestation s'en est suivie dans les rues de Metz selon la boucle traditionnelle "Tribunal - Prefecture". Dans le froid, qui plus est !


Fac poubelle - Encadrés par les forces de police, le mouvement de protestation qui a manifesté dans les rues de Metz espère amorcer une prise de conscience. Avec des slogans tels que "Y'a rien à amender, y'a rien à négocier" ou "Choisir entre fac publique ou fac poubelle", les revendications apparaissent clairement. Mais elles vont au dela du retrait de la LRU. Le comité de grève, composé de 25 étudiants, a édité un communiqué de presse couplant l'opposition à la LRU aux demandes d'augmentation du budget de l'enseignement, le cadrage national des diplômes et l'augmentation des bourses.



> Interview de Clément, l'un des 4 porte-parole du mouvement de grève.

Double jeu de Lioger - "Anti démocrates notoires" C'est en ces termes que Mr Lioger a qualifié, via son weblog, les étudiants qui ont mis en application le bloquage de la faculté. Selon son expression publiée dans La Semaine, "une minorité prend en otage la grande masse". Propos qui ont valu au président la remontrance de plusieurs personnes proches du PS, mouvement politique auquel adhère ce dernier. Ainsi le président marche sur des oeufs. Porté à son poste grâce au soutien de personnes proches du mouvement étudiants aujourd"hui, il se doit d'agir avec prudence. Envoyer les CRS ? Il ne le peut pas, car trop connoté. Demander aux doyens d'UFR d'agir à sa place ? Voire.

Un blocus pas si général - Toute la fac de metz est bloquée ? Non ! un groupe d'irréductible gaulois.. euh personnel administratif, a pris les devants. Monsieur Mangematin, Doyen de la faculté de Droit et d'Economie, a décidé de faire appel à une société de gardiennage privée, Alpha Securité, basé à Thionville, pour empêcher le blocus du département. Les 4 à 6 vigils engagés sont la 24h/24. Selon leurs dires, ils reçoivent leurs ordres directement de .. Mr Mangematin ! Et cela jusqu'à vendredi soir, pour l'instant. Mais quel est le coût de ce dispendieux dispositif ? Après contact avec l'agence, il s'avère que celle ci facture 1 heure de gardiennage à 27,5 € par personne. Le calcul est vite fait : environ 2400 euro par jour de frais de gardiennage ! Et qui paye la facture ?
En milieu de semaine, le site de l'université énonçait un constat factuel du blocus, en précisant toutefois que la Fac de Droit demeurait non bloquée "en accord avec les étudiants grévistes". Quelques lignes qui ont mystérieusement été éditées jeudi soir, car, bien sûr, l'énoncé est totalement erronné.
L'action de Mr Mangematin est donc singulière, et pose un contraste quelque peu gênant face aux positions de Mr Lioger.

A voté - Face à ce fatras généralisé, le président de l'université a décidé d'organiser Lundi 19 novembre un vote a bulletin secret pour le maintien ou non du blocage. Comme l'énoncent les membres du comité de grève, voilà le moyen le plus efficace de tuer leur action. Car le résultat de ce vote dépendra du taux de participation : plus il sera élevé, plus la probabilité que le blocus soit rejeté est grande. Les grèvistes savent mélanger le mot "démocratie" à toute les sauces, mais lorsqu'elle n'est pas de leur cuisine, il la trouve bien fade.